Une économie de très petites entreprises, adossée à une technopole
Les Alpes-Maritimes comptent 157 740 établissements actifs pour 81 milliards d'euros de chiffre d'affaires cumulé. Les services en représentent 63 %, le commerce 21 %, la construction 10 %, l'industrie 6 %. Ce qui frappe, c'est la taille : 95,2 % de ces établissements ont moins de dix salariés, 4,7 % en ont entre dix et deux cent quarante-neuf, et une poignée dépasse deux cent cinquante. Dans la Métropole Nice Côte d'Azur, 73 % des établissements employeurs comptent de un à neuf salariés.
Autrement dit, l'entreprise azuréenne type n'a ni direction informatique ni service achats. Elle a un dirigeant, un expert-comptable, trois ou quatre logiciels achetés à des moments différents, et une personne qui ressaisit les informations de l'un dans l'autre. C'est exactement le client pour lequel IAscension a été conçu : assez petit pour n'avoir personne en interne sur ces sujets, assez structuré pour qu'un pont entre deux logiciels lui rende une demi-journée par semaine.
L'IA y est déjà entrée, mais par la petite porte. Début 2026, 67 % des entreprises françaises d'au moins vingt salariés utilisaient l'IA générative, et 64 % de celles de vingt à quarante-neuf salariés, selon l'enquête de la Banque de France publiée le 4 septembre 2026. Les trois quarts de ces usages restent dans les fonctions support, et seules 31 % des utilisatrices constatent un gain de productivité. Chez celles qui n'utilisent pas l'IA, le premier frein cité est l'absence de cas d'usage. C'est précisément ce que le diagnostic par service va chercher : le cas d'usage qui rapporte, avant l'outil.
Le tourisme, l'hôtellerie et l'aéroport
La Côte d'Azur a reçu plus de douze millions de touristes en 2025, dont plus de la moitié d'étrangers, avec près de treize millions de nuitées en hôtels et résidences, le meilleur niveau depuis plus de dix ans. L'aéroport Nice Côte d'Azur a passé 15,23 millions de passagers, vers 122 destinations directes. Dans la Métropole, le tourisme représente 22 000 emplois salariés, soit 13 % de l'emploi. Le tourisme d'affaires se réorganise : après la démolition d'Acropolis, la Métropole a confirmé le 8 juin 2026 le regroupement d'un palais des congrès et des expositions sur le site du MIN, au Grand Arénas, pour une livraison visée vers 2030 ou 2031.
Pour un hôtel, un restaurant ou un loueur, cette saisonnalité et cette clientèle internationale se traduisent par des outils qui ne se parlent pas : le logiciel de réservation, le gestionnaire de canaux, la caisse, la comptabilité et les avis en six langues. Le sujet n'est pas d'acheter un outil de plus, c'est de faire circuler l'information entre ceux qui existent.
Sophia Antipolis et l'intelligence artificielle
La technopole a atteint en 2025 un record de 44 500 emplois dans 2 500 entreprises, pour huit milliards d'euros de chiffre d'affaires. Le pôle 3IA Côte d'Azur, labellisé IA Cluster en 2024 avec vingt millions d'euros sur cinq ans, est en relation avec plus de 140 entreprises. La Maison de l'Intelligence Artificielle, à Biot, a formé plus de 11 500 professionnels en 2025. À l'échelle régionale, le nombre d'entreprises d'IA actives est passé de 127 à 209 en un an. Le pôle Alpha, inauguré fin janvier 2026 à Biot sur 8 500 mètres carrés, réunit soixante start-up, trois incubateurs et la Maison de l'IA, et accueillera le congrès mondial des technopoles du 27 au 30 octobre 2026. Le département compte 450 start-up et plus de 6 000 emplois directs dans la tech ; Telecom Valley, le réseau du numérique azuréen, fédère 136 adhérents dont 58 % de PME et de start-up.
Cette concentration a un effet de bord pour les PME du département : les sous-traitants, les prestataires et les commerces qui travaillent avec la technopole se voient imposer des portails fournisseurs, des formats d'échange et des exigences de sécurité qu'ils n'ont pas choisis. Relier son propre outil de gestion à ces plateformes, sans ressaisie, est une demande que nous entendons souvent.
La santé et la silver économie
Le CHU de Nice emploie 9 000 professionnels et le département accueille l'institut hospitalo-universitaire RespirERA, consacré à la santé respiratoire. La Métropole finance des démonstrateurs « IA et santé » de 30 000 à 60 000 euros, sur la santé humaine et la silver économie, avec des start-up comme ExactCure ou Caranx Medical.
Autour de ces acteurs vivent des centaines de cabinets, de laboratoires, de services à domicile et de résidences qui manipulent des données de santé. Pour eux, la question de l'IA commence par une règle écrite sur ce qui a le droit de sortir de l'entreprise, avant tout projet d'automatisation.
Le commerce, le bâtiment et les services aux entreprises
Le commerce de détail compte 14 169 établissements dans le département, les travaux de construction spécialisés 8 799, les activités spécialisées et scientifiques (cabinets, conseil, études) 11 773. Ce sont les trois premiers gisements d'entreprises du département, et les moins visibles dans les discours sur l'innovation.
C'est pourtant là que les gains sont les plus rapides : un devis qui devient un planning puis une facture sans être ressaisi, un stock qui se met à jour depuis la boutique en ligne, un cabinet qui retrouve en dix secondes la clause d'un contrat signé il y a trois ans. Avec, pour toutes ces entreprises, une échéance commune : l'obligation d'émettre des factures électroniques au 1er septembre 2027 pour les PME, TPE et micro-entreprises, la réception étant déjà obligatoire depuis le 1er septembre 2026.